L’histoire de Linux

Voici un petit article qui vous donnera je l’espère toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur Linux.

Linux, ça vient d’où ?

L’histoire de Linux commence en Finlande en 1991, lorsque Linus Torvalds, alors étudiant à l’université d’Helsinki, décide qu’il a besoin de quelque chose de mieux pour faire fonctionner son 386 tout neuf. Habitué de travailler sur les serveurs Unix de l’université, Torvalds décide de s’amuser à se programmer son propre système d’exploitation. Jusque là, rien de révolutionnaire : il n’est pas le premier étudiant à se démarrer un projet du genre pour s’amuser.

Mais Torvalds va faire quelque chose qui va démarquer son projet des autres : il distribue le code source de son système, via Internet. La première version est donc essayée par quelques amateurs du système Minix, un clone de Unix alors distribué gratuitement. Certains aiment bien et font quelques modifications et corrections qu’ils suggèrent à Torvalds. Les modifications sont ajoutées, une autre version est diffusée… puis une autre, puis une autre…

Le mouvement est lancé. Linus Torvalds avoue avoir perdu le compte de ses usagers après qu’il ait dépassé la centaine. D’année en année, le système va développer ses fonctionnalités et se stabiliser suffisamment pour que la base des usagers s’élargisse au delà des bidouilleurs (hackers) de système d’exploitation. Le nombre de développeurs actifs du système augmente en s’enrichissant de centaines de programmeurs de partout dans le monde, reliés par Internet.

 

Mais Linux, c’est quoi au juste ?

Le kernel ou le noyau du système

Un seul homme ne peut développer, ni même superviser le développement d’un système d’exploitation entier. En fait, lorsqu’on parle de Linux, on parle en général du système d’exploitation construit autour du kernel ou noyau, bâti par Torvalds et les autres. Le kernel, c’est le cœur du système d’exploitation : c’est lui qui est responsable d’organiser le travail des applications et qui s’occupe de faire fonctionner et collaborer les différents périphériques (souris, clavier, écran, modem…).

Une suite d’outils sous licence publique (General Public License)

Mais un kernel n’est pas très utile en soit. Une distribution Linux (nous verrons plus loin ce qu’est une distribution) assemble généralement des centaines de programmes qui permettent d’en faire un système utilisable. La plupart du temps, ces logiciels sont le fruit du développement du projet GNU (GNU’s Not UNIX), de la FSF (Free Software Foundation). Démarré dans les années 1980 par Richard M. Stallman, le projet GNU s’était donné pour but de développer un système Unix complet, libre des attaches légales des versions commerciales de Unix. La suite d’outils qui avaient et qui ont continué d’être développés s’est donc parfaitement bien intégré au kernel Linux, lui-même distribué sous la licence GPL (General Public License).

La liberté et la gratuité à une condition

La licence GPL est la source même de l’originalité de Linux et de l’ensemble du mouvement du Logiciel Libre. Cette licence stipule que le code source des programmes qu’il couvre peut être modifié et utilisé par quiconque le désire, à la condition expresse que le nouveau code modifié soit lui aussi rendu public, sous les mêmes conditions. Les programmes couverts par la GPL peuvent donc être distribués gratuitement et librement, en autant que le code source soit toujours disponible pour ses utilisateurs.

Par où je commence ?

Les distributions c’est quoi ?

Les premières années, démarrer sous Linux n’était pas une mince affaire : il fallait voir à assembler les logiciels qu’on voulait utiliser, les compiler, les installer, les débuguer même parfois, quand il ne fallait pas rouler ses manches et écrire soit même le pilote de sa carte réseau… Mais les gens ont tôt fait de simplifier ce travail en créant ce qu’on appelle des distributions. Une distribution est un ensemble de programmes, généralement précompilés et empaquetés de façon à faciliter l’installation du système. Les distributions les plus connues sont RedHat, Debian, SuSe, Mandrake, Caldera OpenLinux, Slackware…

Le choix de sa distribution

La nature même de Linux fait qu’il y en a beaucoup, puisque la licence GPL permet à une autre organisation de prendre une distribution, ajouter ou supprimer des éléments, puis distribuer à son tour sa version…. C’est le cas par exemple de Mandrake, notre distribution préférée, dérivée de RedHat. Il s’agit sensiblement des mêmes paquetages, avec ici et là un petit quelque chose de plus, une version plus à jour, etc. De goûts et de couleur, on ne discute pas : dans le monde Linux, c’est le choix de sa distribution qui est indiscutable… ou plutôt, qui l’est beaucoup…

Télécharger sa distribution ou se la procurer sur CD-Rom

Les gens vont généralement s’attacher à leur distribution et n’hésiteront pas à défendre chèrement sa réputation dans le premier forum venu. Mais en pratique, la plupart des distributions se ressemblent beaucoup : elles se démarquent par leur procédure d’installation, la configuration de base, les outils et logiciels inclus, etc. Si la plupart du temps il est possible de télécharger Linux, il est généralement plus simple de se procurer une version sur CD-Rom. Un système d’exploitation n’est pas un jeu de solitaire disponible en partagiciel : il y a plusieurs paquetages séparés à télécharger qui ne sont pas nécessairement tous utiles pour le débutant.

Les festivals d’installation pour tous

Se procurer un CD rend généralement les choses plus simples : il est maintenant commun de voir Linux livré avec certains magazines, vendu avec un livre sur Linux (généralement une bonne idée puisque vous démarrez avec un bon manuel…) ou même en vente en emballages plus ou moins complets (et plus ou moins chers) chez votre libraire ou magasin d’informatique préféré. Ceux qui préfèrent être épaulés pourront également se renseigner sur les festivals d’installations près de chez eux (voir http://www.linux-quebec.org).

L’installation

Donc, une fois la question de la distribution réglée, on peut procéder à l’installation. La première chose à faire est de vérifier si tout votre matériel est bien compatible avec Linux : certaines compagnies refusent systématiquement d’ouvrir les spécifications techniques de leur matériel, ce qui empêche la communauté Linux de programmer les pilotes permettant de les utiliser… Ainsi, faites particulièrement attention au WinModem, WinImprimantes, Scanners, certaines cartes vidéos plus avancées, etc. Ensuite, il est sage de prendre des notes sur son système : quelle est la marque de votre carte vidéo ? Combien de mémoire offre-t-elle ? Ces informations peuvent être utiles pour répondre au questions de l’installateur si la détection (probing) de certains périphériques ne fonctionne pas.

Utiliser Linux seul ou en couple

Il faut également déterminer si vous utiliserez Linux seul ou en couple… Linux possède un gestionnaire de démarrage, Lilo(Linux Loader) qui permet de choisir au démarrage quel système d’exploitation utiliser. Vous pouvez donc charger un grand nombre de systèmes d’exploitation sur votre machine. On estime qu’il est possible d’installer jusqu’à neuf systèmes sur une même machine ; vous pouvez donc choisir de faire travailler Linux et Windows en parallèle. Les distributions les plus communes facilitent en général considérablement l’installation côtes à côtes des deux systèmes d’exploitation (SE). Suivez les recommandations de votre distribution à ce propos, mais rappelez-vous qu’en général, il est plus simple d’installer d’abord Windows.

Des partitions distinctes sur le disque dur

Dès le début de l’installation, vous choisirez où vous voulez installer Linux. Il est souvent plus simple d’installer les deux SE sur deux disques durs différents, particulièrement sur les vieilles machines victimes de la limite du 512 cylindres/disque (La FAT étant en 16 bits, elle ne pouvait adresser plus de 2048 megs). Vous devrez ainsi décider comment votre/vos disques seront divisés : une installation Windows / Linux vous amènera ainsi à créer au minimum 3 partitions. Une pour Windows, à créer en premier, au tout début du disque, une de type « Linux Native » pour votre système de fichiers, et une troisième de type « Linux swap » pour la zone d’échange de Linux. Cette partition sert à Linux pour stocker sa mémoire virtuelle : contrairement à Windows qui crée un gros fichier à la racine du disque C : pour stocker les données envoyées temporairement sur le disque, Linux utilise une partition spécialement optimisée pour ce travail, nettoyée à chaque démarrage.

Faudra pas oublier de choisir aussi les logiciels, les configs réseau, etc.

Viendront ensuite généralement le choix des logiciels à installer, les configurations du système (le réseau par exemple) et la création de comptes, ordinaire et administrateur (root), puisque Linux est un système assumant dès le départ plusieurs utilisateurs.

Ok, c’est fait. Et maintenant ?

Linux vs Windows

Ceux qui ont déjà installé Windows9x seront peut-être surpris de constater que la plupart des logiciels qu’ils auront besoin pour utiliser Linux sont déjà présents, contrairement a Windows. D’une distribution à l’autre, vous retrouverez ainsi dès le premier démarrage une liste très complète de logiciels déjà installés : certaines distributions vous offrirons ainsi un traitement de texte comme WordPerfect pour Linux, ou encore StarOffice, une suite bureautique compatible avec Office.

Une interface modulaire

Une autre chose peu habituelle aux utilisateurs de Windows et Mac est le « look » de l’interface graphique de Linux, X windows. Contrairement aux « autres », X permet de choisir de façon radicale de quoi aura l’air son système. Cela vient du fait que X Windows est très modulaire : chaque partie est responsable d’une tâche précise. Ainsi, X tout seul est inutilisable : il offre seulement aux applications les appels permettant de dessiner une « fenêtre », de recevoir un click, etc. L’apparence des fenêtres et leur comportement est déterminé par le gestionnaire de fenêtres (Window Manager).

A chacun son gestionnaire de fenêtres

Et c’est là que le choix est vaste : il existe des dizaines de gestionnaires de fenêtres, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients… Mais ne soyez pas inquiets : l’utilisation d’un gestionnaire en particulier ne vous oblige pas à n’utiliser que les applications développés pour celles-ci… Si vous avez installé une distribution récente, vous démarrerez généralement avec les environnements KDE ou Gnome. Ces suites de logiciels forment un environnement de travail complet : ils incluent un gestionnaire de fenêtres, mais aussi un ensemble d’applications semblable aux accessoires Windows 98, allant des outils d’administrations aux trois versions de Tetris ou Démineur…

Donc…

Linux : une alternative sérieuse à Windows

Linux est donc une alternative de plus en plus sérieuse à Windows. La plate-forme a brillamment acquis ses lettres de noblesse du côté des serveurs et la bataille peut maintenant s’ouvrir pour les ordinateurs personnels. Beaucoup de travail reste à faire de ce côté, ne serait-ce que pour amener sous Linux l’équivalent de la masse de logiciels disponibles sous Windows, mais le travail avance vite, à la vitesse de l’Internet. Les environnements graphiques de KDE et Gnome sont extrêmement agréables à utiliser, personnalisable à souhait. De plus en plus de compagnies offrent des versions Linux de leur logiciel et la tendance ne fait que s’accentuer, au plus grand plaisir des inconditionnels !

Linux : la beauté de la réinvention au quotidien

Les applications sous Linux ne sont pas toujours très polies, mais vivre sous Linux est comme vivre dans une maison en constante construction : on se lève un matin et toute une pièce a été refaite, plus jolie et plus ergonomique que chez le voisin…

Frédéric LIÉTART

TiFredFr – Passionné de logiciels libres depuis plus de vingt ans.

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